Rencontre avec Vincent Cordo, le peintre d’une féminité assumée
Par Vincent Beauchamp, propriétaire des Galeries d’art Beauchamp
Publié le 19 mars | Événement : 10 avril 2026, Galerie d’art Beauchamp 62 rue Saint-Paul Ouest, Montréal
Il y a des artistes qu’on admire de loin. Et il y en a d’autres qu’on a la chance de côtoyer, de voir évoluer, et dont on comprend peu à peu que le talent ne suffit pas à décrire ce qu’ils font. Vincent Cordo est de ceux-là. Peintre d’une féminité élégante et sans compromis, il expose aux Galeries d’art Beauchamp depuis plusieurs années, et ses toiles partent presque aussi vite qu’elles arrivent. Le 10 avril prochain, nous l’accueillons à notre galerie du 62 rue Saint-Paul Ouest pour un événement unique : « Devenez la muse d’un soir ». J’ai eu la chance de lui poser les questions que nos collectionneurs me posent depuis toujours.
1. LE PERSONNAGE ET LE CONCEPT
Vincent Beauchamp : Vincent, le titre de cet événement est audacieux. Qu’est-ce qu’une muse pour toi, en 2026 ?
Vincent Cordo : Une femme fière et assumée, avec toute l’élégance qui lui revient. Pas un idéal inaccessible. Une présence.
“ Une muse, c’est une femme fière, assumée, avec toute l’élégance qui lui revient. ”
2. LE REGARD DE L’ARTISTE
Vincent Beauchamp : Y a-t-il un moment précis où tu sens qu’une personne devient une source d’inspiration pour toi ?
Vincent Cordo : Oui, et souvent c’est lors de voyages. Ma conjointe et moi, on aime observer les femmes dans les restaurants ou les cafés : comment elles se posent sur leur chaise, comment elles tiennent une coupe de vin ou une tasse à café, comment elles laissent la féminité s’exprimer naturellement. C’est dans ces petits moments non posés que tout se passe.
Vincent Beauchamp : Est-ce qu’une séance de travail avec une muse peut t’emmener ailleurs que prévu ?
Vincent Cordo : Absolument. Un shooting dure quatre heures, génère plus de 400 photos et on en conserve à peine cinq. Mais en fin de séance, je dis toujours la même chose : « OK, free style, amuse-toi. » Et c’est souvent là qu’arrivent les plus beaux cadeaux : la spontanéité, la féminité assumée, le moment vrai.
3. LE PROCESSUS CRÉATIF
Vincent Beauchamp : Tu commences par un croquis rapide ou par une émotion ?
Vincent Cordo : J’ai débuté par des reproductions de grands maîtres : Modigliani, Lautrec, Cézanne, Manet. Cette formation m’a donné la technique des carrés soudés, que j’utilise encore pour construire l’ébauche. Ensuite, je laisse la tête du sujet dicter le reste : les couleurs, le lettrage, l’atmosphère. C’est un dialogue entre la rigueur et l’instinct.
Vincent Beauchamp : À quoi ressemble une journée type dans ta vie ?
Vincent Cordo : Je suis aussi enseignant en mathématique, avec une maîtrise en administration. J’ai embrassé la vie de peintre en 2008, mais j’enseigne toujours à des jeunes qui ont un parcours difficile, atypique. J’ai des élèves de 15 ans qui sont en première secondaire plutôt qu’en quatrième. On s’efforce de les faire cheminer vers la diplomation.
Pendant plus de sept ans, j’ai enseigné à temps plein le jour et je me levais à trois heures du matin pour peindre. Je voulais fournir les galeries sans empiéter sur le temps de qualité avec mes enfants : les soirées, les forts dans la neige, les histoires avant le dodo, les bisous. Pour moi, il était fondamental qu’ils ne paient pas le prix de mon succès. C’est probablement ma plus grande fierté. Mon papa était un homme important et on le voyait peu... je suis un peu ému d’en parler.
Aujourd’hui, à deux ans de la retraite en enseignement, je quitte pour le gym vers sept heures. À huit heures c’est la douche, puis l’école. Je récupère mon grand à quinze heures quarante-cinq, trente minutes pour le souper et les nouvelles du jour en famille, puis le studio jusqu’à vingt et une heures. Et on recommence. C’est un réel plaisir de revenir dans le studio plus tard la nuit, de voir les lumières du voisinage s’allumer doucement dès cinq heures trente, le soleil qui se lève tranquillement.
“ Pendant sept ans, je me levais à trois heures du matin pour peindre. Mes enfants ne devaient pas payer le prix de mon succès. ”
Vincent Beauchamp : Tu peins en écoutant de la musique ?
Vincent Cordo : Toujours. Dans l’atelier, je suis branché sur ICI Musique 100,7 et j’adore découvrir ou redécouvrir de nouveaux artistes pour bâtir mes playlists du week-end et de l’été. Ça passe de Pet Shop Boys à Tears for Fears, Kali Uchis, Astrud Gilberto...
Vincent Beauchamp : Quel rôle joue la mode dans la personnalité de tes sujets ?
Vincent Cordo : La mode dans mes œuvres doit être intemporelle. C’est ainsi qu’elles vieilliront bien.
Vincent Beauchamp : Comment décrirais-tu l’évolution de ton travail depuis tes débuts avec les Galeries Beauchamp ?
Vincent Cordo : Wow. Dans ma technique, d’abord. Mais surtout dans la confiance d’être soi-même. Lorsqu’un tableau ne correspond pas à mes standards, je le détruis.
Vincent Beauchamp : On retrouve souvent des symboles de célébration dans tes œuvres. Pourquoi ? L’art est-il pour toi la fête ultime ?
Vincent Cordo : Ma démarche tient en une phrase : la vie, c’est maintenant. Pas demain. Mes toiles disent ça.

4. L’ARTISTE ET SON PUBLIC
Vincent Beauchamp : Est-ce que la présence de gens autour de toi change ce que tu fais sur la toile ?
Vincent Cordo : Non. Jamais.
Vincent Beauchamp : Quelle est la réaction que tu espères provoquer chez un collectionneur qui découvre une de tes œuvres pour la première fois ?
Vincent Cordo : Une émotion ultime. Comme une belle chanson de Phil Collins : sans prétention, mais qui te touche droit au cœur.
“ Je veux une émotion ultime. Comme une belle chanson de Phil Collins : sans prétention, mais qui te touche droit au cœur. ”
5. L’ÉVÉNEMENT DU 10 AVRIL
Vincent Beauchamp : Pourquoi avoir choisi notre galerie du 62 rue Saint-Paul Ouest à Montréal pour cet événement ?
Vincent Cordo : L’effet cosmopolite du centre-ville, bien sûr. Mais surtout, le 62 est hyper chaleureux. La dernière fois, la galerie a vendu plus de douze tableaux en moins de quatre-vingt-dix minutes. Même à Miami avec 150 invités, je n’ai pas réussi à battre ce record.
Vincent Beauchamp : Qu’est-ce qui rend cet événement différent d’un vernissage traditionnel ?
Vincent Cordo : Le plaisir du collectionneur avant tout. La quantité et la variété des œuvres proposées, le fait que l’artiste soit sur place pour expliquer sa démarche, signer les toiles et rencontrer les gens. Ce n’est pas une exposition : c’est une rencontre.
Vincent Beauchamp : Les visiteurs pourront-ils te voir à l’œuvre ou échanger directement avec toi ?
Vincent Cordo : Oui. Et peut-être même devenir ma muse d’un soir et avoir le plaisir de contribuer à une de mes toiles.
Vincent Beauchamp : Qu’est-ce que tu veux faire vivre aux invités au-delà de la simple rencontre ?
Vincent Cordo : Un voyage artistique : authentique, surprenant, joyeux. La dernière fois, malgré les travaux de voirie et la pluie la soirée avait été un succès. Des gens avaient même pris l’avion pour être là. Ça, ça ne s’oublie pas. On donne notre meilleur pour les rendre heureux.
Vincent Beauchamp : En un mot ou presque : l’ambiance de cette soirée ?
Vincent Cordo : Glamour, décontractée, vraie et unique. Quinze cents pieds carrés de bonne humeur.
6. L’INVITATION FINALE
Vincent Beauchamp : Si quelqu’un hésite à venir le 10 avril par timidité ou par doute, qu’est-ce que tu lui dis ?
Vincent Cordo : La vie, c’est maintenant. Venez. La dernière fois, malgré les travaux et la pluie, plus de soixante-quinze personnes se sont inscrites pour vivre un moment de quatre-vingt-dix minutes. Ça ne ment pas.
Vincent Beauchamp : Et au fond, que faut-il pour devenir, peut-être, la prochaine muse de Vincent Cordo ?
Vincent Cordo : Être assumée. Et authentique. C’est tout.
“ Être assumée et authentique. C’est tout ce qu’il faut. ”
Réservez votre place
Vendredi 10 avril 2026 | 18H00 – 20H00 | Galerie Beauchamp Montréal | 62 rue Saint-Paul Ouest Entrée sur inscription. Places limitées.



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